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L'HOMMAGE DE CHARLIE-HEBDO : ENTRETIEN AVEC GEORGES EL ASSIDI
le 10 Juil 2013 - 12:06
Sur l'homme... par Vincent Lisita
avec l'aimable autorisation de l'auteur

"Il n'y a pas de grand homme pour son valet de chambre", disait Hegel.

Georges El Assidi, 52 ans, voue une admiration sans borne à Charles Trenet, dont il fut l'homme de confiance de 1979 jusqu'à sa mort, en 2001.

CHARLIE HEBDO : QUE FAISIEZ-VOUS AVANT DE RENCONTRER CHARLES TRENET ?

Georges El Assidi : J’étais apprenti boulanger boulevard Charonne, j’étais déjà dans le pétrin! Quand j’entendais Charles Trenet chanter, je montais le volume à fond, sur le poste enfariné. J’étais et je suis toujours un vrai fan.



RACONTEZ NOUS VOTRE RENCONTRE

En 1979, on n’entendait plus parler de lui. Un ami me l’a présenté, dans un restaurant de La Varenne. Il y avait dix personnes et, au bout de la table, le Monstre Sacré. À la fin du repas, je me suis retrouvé seul avec Charles. Il avait un peu trop bu, je l’ai raccompagné chez lui.

COMMENT ETES-VOUS ENTRE A SON SERVICE ?

Il m’a demandé de m’occuper de sa mère mourante, à Antibes. Elle avait 91 ans, elle m’appelait «l’Ange de Tobie», je l’ai connue vingt jours, puis elle est décédée. J’ai dû l’annoncer à Charles...

Ensuite, j’ai perdu ma mère à mon tour; ça nous a rapprochés, Charles et moi. Après mon service militaire, il m’a demandé de travailler pour lui. Mais je n’avais aucun diplôme! Il m’a dit :
«C’est pas grave, tout ça!» Il voulait une personne de confiance pour l’accompagner partout.

ON VOUS A PRIS POUR SON AMANT

On n’y faisait pas attention parce qu’il n’y avait rien de tout ça. D’ailleurs, il m’avait offert une prostituée comme cadeau de Noël! Ça prouve qu’il ne savait pas que j’étais «homosensuel»... Et puis il avait 65 ans : il disait «à chaque âge, son plaisir», il aimait bien la table, les voyages, les promenades...

QUEL A ETE VOTRE RÔLE AUPRES DE LUI ?

Peut-être celui de «reconstructeur».
Il était content d’avoir rencontré quelqu’un qui le fasse bouger, marcher... Quand je l’ai connu, il ne chantait plus, il avait pris du poids, il ne bougeait plus! Même sa vieille Rolls, «la Dame blanche», avait les pneus collés au sol... Quand Gilbert Rozon [le producteur québécois, ndlr] est venu le chercher, Charles a hésité à remonter sur scène. Un matin, il m’a dit
«qui va vouloir de mes petites chansons?», je lui ai répondu «moi»! J’aimais quand il se mettait au piano. Et voilà, c’est comme ça que c’est venu, son grand retour. Petit à petit, il a repris la marche, la scène... J’ai été là jusqu’au bout. C’est moi qui ai choisi son costume, j’ai assisté à la fermeture du cercueil. J’ai déposé son urne dans la tombe. J’ai vécu un vrai deuil, parce qu’il était ma seule famille. On ne peut pas oublier vingt ans.

PASCAL SEVRAN DISAIT QUE VOUS ETIEZ SON "FILS INVENTE" (*1)

Charles m’aimait bien parce que je ne l’embêtais pas à lui poser des questions tout le temps. Son vrai fils spirituel, c’est Jean-Jacques Debout, mais c’est vrai qu’on était comme père et fils. Même pour les chamailleries! Avec lui, je me suis enrichi par l’esprit. Il me parlait de Du Guesclin, d’Henri IV ou de Charlemagne comme s’il les avait côtoyés! Il était très cultivé, il avait beaucoup lu. À Narbonne, dans sa maison natale, il a rénové le premier étage pour moi. À Nogent, je vivais dans l’appartement à côté. J’avais acheté un babyphone, quand il était très âgé, pour qu’il puisse m’appeler. Quand il éteignait la télé, il me disait «Grand Bébé va se coucher!» Parfois, la nuit, j’entendais ronfler, ça me réveillait, et c’était lui, dans le babyphone!

QUELLE ETAIT UNE JOURNEE TYPE AVEC CHARLES TRENET ?

On prenait le petit déjeuner à 8 heures, il se recouchait. À 10-11 heures, on allait marcher. Puis, moi, j’allais faire des courses, lui, il faisait ses petites poésies ou alors il répétait... Après déjeuner, on prenait la voiture, on allait se promener. À 18 heures, il lisait tous les journaux.

<ON PARLE SOUVENT DES « ZONES D’OMBRE » DE TRENET

À propos de sa «solitude»?
Non, il avait ses amis, et il n’était pas seul parce que je ne l’ai jamais laissé seul. Quand arrivaient mes vacances, début août, je le déposais à Aix-en-Provence et je partais. Dès le 3 août, il me téléphonait pour me souhaiter mon anniversaire, puis il me demandait
«bon, est-ce que tu as passé de bonnes vacances?», il n’aimait pas que je sois absent longtemps.

ET CES RUMEURS DE PEDOPHILIE ?

Ça vient de l’affaire d’Aix-en-Provence, mais c’étaient des jeunes adultes! Je peux affirmer que Charles n’a jamais porté la main sur un enfant. De l’âge de 65 ans jusqu’à la fin de sa vie, je n’ai jamais entendu Charles me dire «regarde ce petit comme il est mignon», jamais! S’il avait eu cette tendance, je m’en serais rendu compte.

IL AVAIT LA REPUTATION D'ÊTRE RADIN...

Non, il invitait ses amis, il payait ses notes! Il a connu deux guerres, il faisait attention. Il envoyait de l’argent à sa mère, qui le redistribuait à des gens dans le besoin; un jour, elle a reçu une lettre d’une dame qui lui disait «salope, tu as oublié mon mois»!
Comme il ne savait pas écrire la musique, c’étaient ses pianistes qui prenaient la mélodie en dictée, et qui la cosignaient. C’était généreux de sa part!


... ET DE MALMENER LES JOURNALISTES !

Les questions bêtes l’agaçaient. Donc, il se faisait payer pour les interviews, il disait que c’était son travail et que ça le fatiguait! En revanche, quand on lui posait des questions qui l’intéressaient, il restait deux heures avec le journaliste au lieu des dix minutes prévues!

QUE PENSEZ-VOUS DES HOMMAGES POUR SON CENTENAIRE ?

Il y a beaucoup de monde à l’exposition (*2) : elle existe grâce aux documents que j’ai prêtés, parce que c’est important de montrer qu’il y a un légataire universel. À Narbonne, c’est formidable, ce qui a été fait dans sa maison. Je suis heureux de voir que des livres lui sont consacrés. Je regrette que Gilbert Rozon n’ait pas proposé un hommage, avec les dernières chansons de Charles. Les éditions Raoul Breton, par contre, font bouger le catalogue.

QU'EST-CE QUI VOUS FAIT TENIR BON ?

La vérité!
Je n’ai tué personne! Je dois tout à Charles, et à quelques amis qui m’aident. Ils ne savent pas si je pourrai les rembourser. Les vrais amis sont ceux qui ne m’ont jamais rien demandé. Ceux avec qui j’ai été généreux, par contre, m’ont complètement oublié!


COMMENT VOYEZ-VOUS L'AVENIR ?

L’avenir, c’est le mois de septembre au Danemark, où se déroulera le procès pour les droits d’auteur. Quand tout ira mieux, je voudrais faire un coffret pour l’intégrale de ses chansons, en forme de tour Eiffel qui part en balade.

Propos recueillis par Vincent Lisita, auteur de Trenet méconnu , aux Échappés.


1. Sevran Pascal, Des lendemains de fêtes, Paris, Albin Michel, 2000.
2. Trenet, le Fou chantant, de Narbonne à Paris, du 12 avril au 30 juin 2013, Galerie des bibliothèques, 22, rue Malher, Paris IVe.
 
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