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LE RUBAN D’HONNEUR DE LA CHANSON FRANÇAISE, le 5 décembre 1967
le 18 Sept 2013 - 12:55
Un coup de chapeau par Jean Séraphin

23 novembre.
Une splendide invitation me vient de Radio Monte-Carlo, nous priant, ma femme et moi, de la part de Charles Trenet, à assister au Gala qui aura lieu le 5 décembre à la salle Pleyel et au cours duquel le « ruban d’honneur de la chanson française » sera remis à Charles Trenet et Mireille Mathieu. Champagne après soirée. Répondre avant le 25.

24 novembre.
Je réponds.

28 novembre.
Télégramme de Pierre Havet, réalisateur du « Ruban d’Honneur ». Lui téléphoner d’urgence le lendemain en début d’après-midi.

29 novembre.
Pierre Havet me dit au téléphone qu’il aimerait m’avoir sur scène quelques minutes, le 5 décembre, pour bavarder avec Charles. Je n’ai qu’à passer à la répétition, dans l’après-midi du même jour.

2 décembre.
J’achète boutons de manchettes, nœud papillon. Dans l’arrière-boutique le transistor passe « Je chante ». J’achète encore une chemise et dis à la commerçante : « Vous entendez qui chante ? C’est grâce à lui que vos affaires reprennent. »




5 décembre. 14h 10.
J’ai souvent juré que je n’offrirais plus à Paris le bouquet d’œillets du Club, mais un ruban d’honneur est tout de même une occasion et il y a un fleuriste en face de la salle Pleyel. J’y entre, bien décidé à ne plus me laisser posséder. Je dis : « Je voudrais un bouquet d’œillets rouges. Je dis rouges et bien rouges, car l’an dernier, pour Bobino, on a livré des œillets roses. Et emballés dans un papier cellophane, car, pour l’Etoile, on me les avait quasiment fichus dans du papier journal. » On a bien des œillets rouges, mais pas de papier cellophane. Qu’à cela ne tienne. Je sors et je vais en acheter une feuille à la librairie voisine. Je laisse la carte du Club. On me promet de porter le bouquet en début de soirée. Je me ravise : je viendrai plutôt le chercher moi-même à 17 heures.

14h 25.
En entrant salle Pleyel, je demande M. Havet et on me dirige vers les coulisses. Sur scène, un ou deux accessoiristes. Dans la pièce qui permet l’accès à la scène, une dame dont je ne connais pas le titre : dame des coulisses, sans doute. On ne s’inquiète d’ailleurs pas de ma présence. Arrivent quelques messieurs : ce sont des techniciens de Radio Monte-Carlo. Ils me disent qu’ils ne sont pas M. Havet et que M. Havet sera sans doute aussi en retard qu’à l’ordinaire.

14h 45.
Arrive Freddy Lienhart. Je ne suis plus seul. On bavarde. Il attend son éventuelle répétition, mais doit partir pour 16h 30.

Des musiciens commencent à venir. Puis voici Jacqueline François qui répète : « L’âme des poètes ». Deux messieurs amènent des corbeilles d’œillets rouges et blancs qu’ils disposent en bordure de scène, du mimosa aussi. Roger Lanzac est là. Il aide les fleuristes. Zavatta passe un moment. Pour voir des copains, sans doute, car il ne sera pas programmé ce soir.
Entre-temps Pierre Havet est arrivé. Il s’active de tous les côtés. Il voit les problèmes avec l’un ou l’autre, il répond au téléphone, toujours très calme d’apparence. J’ai eu le temps de lui dire que j’étais là. Malgré son travail, il a toujours un sourire, toujours une parole aimable. J’aurai eu beaucoup de plaisir à faire sa connaissance. C’est un homme réellement charmant et qui ne peut compter que des amis dans son métier.
Il a pourtant bien du souci. Charles vient de lui dire au téléphone qu’il n’a plus envie de venir ce soir. Et cela fait vingt-quatre ans qu’il le connaît et que cela dure. Il raconte l’anecdote suivante.
Voici quelques années, il avait engagé notre ami pour un gala de l’ORTF. La veille du gala, Charles lui téléphone pour lui dire : « Voilà, je pars ensuite pour le Canada et j’aimerais avoir mon chèque tout de suite. »
Réponse de M. Havet : « C’est impossible, il faut un délai de trois semaines pour être payé par l’ORTF. »
Réponse de Charles : « Dans ce cas, je ne chanterai pas. »
Pierre Havet fait des pieds et des mains, il se fait remettre un chèque à son nom, l’endosse et attend Charles. Celui-ci arrive : « Vous avez mon chèque ? »
« Oui, mais il faut d’abord chanter. »
Charles chante. Il a un énorme succès et il s’en va en oubliant complètement le chèque. Trois semaines après, son règlement lui est parvenu par les voies normales.

Freddy Lienhart attend toujours sa répétition. Trois chansons sont prévues. Il convient avec Pierre Havet que tous les musiciens de l’orchestre connaissent bien Charles Trenet et qu’il n’est pas besoin de répétition. Freddy peut se libérer.
Roger Lanzac dispose toujours ses fleurs. Cela me rappelle les miennes.

17 heures.
Je vais chercher mon bouquet. Il est superbe. En revenant salle Pleyel, je croise dans le hall les fleuristes officiels, dont je verrai le soir sur le programme qu’ils sont délégués par « l’union des groupements des producteurs horticulteurs des Alpes-Maritimes ». Ils regardent mon bouquet, s’extasient sur la qualité des œillets et me demandent le prix que j’ai payé. Quand je le leur dis, ils me regardent comme si j’étais un fada, m’assurent que pour ce prix là ils m’en auraient fourni 500, que j’aurais pu en mettre jusque dans les waters, et me tournent le dos.

18 heures.
Une chanteuse débutante répète. Il n’est vraiment pas venu grand-monde. Aux dernières nouvelles, Charles canote sur la Marne pour se détendre et être en forme ce soir. Cela semble dire qu’il viendra peut-être.

Jean-Marie Proslier, qui le présentera, vient d’arriver. Il lit « France-Soir », puis se plonge dans la lecture du programme de Bobino de 1966. Pierre Havet lui conseille de piquer des titres de notre fameux répertoire des chansons pour les faire chanter par la salle.

Moi, je voudrais bien m’en aller. Mais il me faut des entrées supplémentaires. Pierre Havet m’a promis tout ce que je voulais, mais ce domaine n’est plus le sien. Il me présente à Michèle Auzépy, qui est la coréalisatrice de l’émission et qui me paraît se consacrer plus précisément et avec beaucoup de maîtrise à l’organisation matérielle de cette grosse affaire. Elle est littéralement harcelée par le téléphone. Malgré tout, elle prend le temps de s’occuper de mon cas avec gentillesse et réussit à me procurer les cinq précieuses entrées sans lesquelles n’auraient pu entrer les amis que j’avais fait venir de loin.

Merci, merci. Michèle Auzépy est aussi charmante que Pierre Havet. Physiquement, elle l’est même bien davantage. Je prends congé, non sans avoir confié mon bouquet d’œillets à la dame des coulisses. Il est sous bonne garde. Pierre Havet me recommande de me trouver dans les parages pour la deuxième partie.


20h 30.
Tout le monde est là. La soirée est exclusivement sur invitation et le spectacle est déjà dans la salle. C’est magnifique, nous sommes au premier rang. Dans mes environs je vois Mathé Altéry, Gérard Séty, Roger Couderc. Un peu derrière, Roger Nicolas. Près de ma femme, Jacqueline Huet.

Un peu avant que commence le gala, Charles arrive en compagnie de Madame Breton et de M. Hebey. Ils s’installent dans une petite loge, au milieu de la salle. Je le vois très bien en me retournant. Il semble bouder quand Bécaud s’adresse à lui, en lui demandant de chanter « la rose » avec lui.

C’est Roger Lanzac qui présente Mireille Mathieu. Sur un côté de la scène, une table, trois fauteuils et trois micros. Roger Lanzac parle avec Mireille, qui ne répond généralement que par « oui » ou par « non », puis fait venir les invités successifs, qui s’assoient sur le fauteuil libre avant d’aller ou non chanter.

A citer pour cette première partie : les Frères Ennemis, Gilbert Bécaud, Michel Delpech, Les Trois Ménestrels, Hervé Villard et « le bienheureux » (dixit Rocca) Bruno Coquatrix.
Georges Auric donne en définitive son ruban à Mireille et on remet la lumière dans la salle pour l’entracte.

J’ai heureusement la bonne idée de m’approcher de la loge où Charles est resté avec ses amis, ce qui me permet de parler un peu avec lui. Car tout va maintenant s’enchaîner très vite.
Il me demande tout de suite si j’ai des nouvelles de Pathé Marconi. Il semble avoir de la rancune pour eux : « Ils n’écrivent pas, mais j’ai compris parce qu’ils ne savent pas écrire. Ils voudraient bien téléphoner, mais ils n’ont pas le téléphone. »

Quand les lumières s’éteignent, je file vers les coulisses. Il y a là-dedans un monde incroyable, mais pas de Charles, ni de M. Hebey.

Je croise la dame des coulisses, mon bouquet dans ses bras, un air affolé : « Que vais-je en faire ? Il ne prend pas de loge, je ne sais où le mettre. »
Je lui réponds d’en faire ce qu’elle veut.
Par où est-il donc passé ? Charles est sur scène, avec Proslier. Un Proslier en costume clownesque et qu’on excuse : il n’a pas eu le temps de se changer en sortant de l’Olympia. A d’autres, ce n’est pas excusable.

La conversation s’engage entre les deux hommes, un peu difficile. Charles est contracté, ultra-contracté comme toujours à Paris. Proslier ne l’a pas rencontré avant d’entrer sur scène. Heureusement, il a pioché le programme de Bobino et il en lit de larges extraits.
Je me balade dans les coulisses. Je croise et recroise Robert Rocca qui apprend son texte ; je côtoie des gens tout tranquilles qui ont pour nom André Dassary, Alain Barrière, Claude Nougaro, Jacqueline François, Jean Piat, Fernand Raynaud, Jean Nohain, Guy Lux et Tino Rossi.
Tour à tour, ils viendront présenter leur hommage.

Jean NOHAIN :
C’est Charles Trenet qui m’a raconté « comment est née la première chanson ». Cela se passait au Paradis Terrestre. Il y avait les petits oiseaux, les fruits et les sourires d’Ève à Adam. Et puis un jour, il y a eu la fâcheuse histoire de la pomme et du serpent. Ce jour là, le Bon Dieu a été un peu moins bon que les autres jours où il a chassé ignominieusement Adam et Ève, extrêmement embêtés. Jusqu’à ce jour-là Adam et Ève parlaient. Ils disaient des mots, mais toujours sur le même ton. Ils n’avaient jamais eu l’idée de chanter. Mais le Bon Dieu, en les voyant si piteux, a dit : « Ces pauvres gens, on va tout de même leur donner quelque chose pour les consoler. » Et brusquement, Adam se redressa et se mit à dire des sons. Il disait : « Pom, pom, pom. » Alors, sa femme lui dit : « Mais qu’est-ce que tu fais là ? »
« C’est un nouveau truc que je viens d’inventer : je chante ! »

Et c’est ainsi que, conclut Charles Trenet, la première chanson est née.


Robert ROCCA :
Dieu le Père, un matin, en ouvrant sa fenêtre
Pensa : « J’ai fait le monde et ne l’ai pas raté
Maintenant pour le faire connaître
Je dois chercher quelqu’un pour la publicité. »
Il eut vite trouvé, car il n’était pas bête.
Dieu se dit : « Nom de moi, pour lancer mes fleurettes,
Mon soleil, mon ciel bleu, mes chansons,
Mes forêts, mes arbres, mes oiseaux,
Il me faut un Poète ! »
Et le Poète vint : c’était Charles Trenet.



Suit l’histoire des diamantaires hollandais, qui met en scène Charles Trenet et son impresario, Monsieur Emile (dixit Rocca), Charles avait, voici quelques années, été engagé pour participer à la soirée des diamantaires d’Amsterdam. Mais la veille du gala, le président des diamantaires meurt subitement, la soirée est annulée et on prévient l’impresario. Charles lui dit : « Vous ne m’avez pas téléphoné, on part chacun de son côté et on se retrouve à Amsterdam. » Là-bas, il prend prétexte des engagements refusés pour se rendre libre et réclame son cachet. On le lui remet en lui disant : « On espère que, l’an prochain, vous tiendrez compte de cet arrangement amiable en chantant pour nous à demi cachet. »

Charles promet tout ce qu’on veut. L’année suivante, les diamantaires contactent M. Emile et celui-ci rappelle sa promesse à Charles qui s’étonne : « Mais vous n’avez rien compris. Je leur avais seulement dit : la prochaine fois que votre président mourra, je chanterai pour vous à demi caché. »

(Note de J. Séraphin : ce qui est fort amusant, à propos de cette anecdote illustrant le côté « homme d’affaires » de Charles Trenet, c’est que je me trouvais dans les coulisses aux côtés de Rocca, avant son entrée en scène et que je l’ai entendu demander à Pierre Havet comment sa participation allait lui être payée).


Tino ROSSI :
Tu es un peu le père (le jeune père) de tous ces compositeurs, chanteurs et paroliers, parce que c’est toi, au fond, qui a mis la poésie dans la chansonnette. Et je vais te raconter une histoire qui m’est arrivée, une histoire vraie. La première fois que je t’ai vu, c’était en 1938 à l’ABC. Je t’ai vu chanter « Je chante » et toutes tes chansons. Tu avais un énorme succès. Et le lendemain, je me promenais aux Champs-Elysées avec Vincent Scotto et en parlant de toi je dis : « Tu vois, Vincent, c’est un poète. » C’était en 1938. Depuis, on le sait. Alors, il m’a arrêté, comme ça, il m’a regardé, il m’a dit : « Oui, mais moi je vais te dire une chose : c’est aussi un grand compositeur. » Et venant de Vincent Scotto, qui était une source de musique, c’est un beau compliment. Ce ruban d’honneur qui t’es remis ce soir n’a jamais été aussi mérité.

Grâce soit rendue à Fernand Raynaud qui réussit à nous obtenir de Charles une chanson non prévue au programme : « Les bœufs ».

Il est déjà bien tard. Le gala s’étire en longueur, il y a trop de monde. Pierre Havet me dit qu’en définitive je passerai sur scène lors de la remise du ruban par Georges Auric.
J’entre en même temps que Guy Lux pour la remise du ruban et Pierre Havet me présente au public, tandis que Charles me serre la main.

Georges AURIC :
Mon cher Charles, il est inutile de faire de longs discours maintenant. Et je ne vais pas jouer les distributeurs de rubans. D’ailleurs, les rubans, tu les mérites, tu le sais depuis longtemps, tous les rubans d’ailleurs ; le ruban de la chanson ce soir et j’en souhaite beaucoup, plus tard, pour toi. Et nous le pensons tous, j’en suis certain, à cette minute même (applaudissements longuement nourris). Alors, mon cher Charles, laisse-toi remercier par moi, très mal, très vite, à l’improviste, pour tout ce que tu as fait pour la chanson, pour la poésie, pour la musique. Tout à l’heure, j’ai été très ému, comme nous tous, en entendant de très loin Georges Brassens saluer le poète que tu es, et de la part de Brassens, c’était profondément émouvant. Je t’avoue que j’ai été très ému, après Brassens, en entendant Tino Rossi rappeler ce que lui disait à ton sujet Scotto. Car on a beaucoup parlé du poète, mais tu es aussi un musicien. Et le musicien que j’espère avoir été, d’une autre façon évidemment, est bien heureux ce soir, en te donnant ce ruban d’honneur, de t’embrasser devant toute cette salle. Bravo, Charles !

Charles :
Eh bien, je vous remercie. Je suis très heureux de l’accepter, dans la mesure où cela vous fait plaisir de me le donner. Merci beaucoup. Vous m’intimidez !

C’est fini. Je me précipite. Il est temps d’offrir le bouquet. Où est-il ? Où est la dame des coulisses ? Disparus tous les deux. Pourquoi donc ai-je dit : « Faites-en ce que vous voulez » ? Charles ne l’aura même pas vu.

Il faut au moins le lui dire et je reviens. Il me répond : « Les fleurs, cela passe… »
J’ai un disque à lui faire signer pour un ami et il le sait.

Mais j’ai aussi amené mon coffret de « Toutes mes chansons ».
Il y appose une dédicace délicieuse d’humour et de vérité : En amitié bien méritée de part et d’autre.
Puis il s’éclipse.

On ne le verra pas au cocktail où sont pourtant restés presque tous les artistes de la deuxième partie et ce magnifique public dont les conversations prouvent qu’ils ne sont venus ce soir que pour Charles Trenet.

Je vais remercier Pierre Havet, un garçon vraiment charmant. Je me souviens qu’il disait dans l’après-midi, quand il craignait le pire : « On lui pardonne à cause de son génie, mais son génie me gêne » et je lui dis : « Vous voyez bien qu’il n’est pas si méchant que cela ! » -
- « Il est adorable. Et vous avez été magnifique ! »
« N’exagérons rien… pour ce que j’ai fait ! »
- « Si, c’est déjà magnifique d’être venu. »


Ce qui était vraiment magnifique, c’était d’avoir vu mon nom imprimé dans un programme, au même titre et avec les mêmes caractères qu’un Tino Rossi ou qu’un Maurice Chevalier qui n’est d’ailleurs pas venu.

Et puis moi, je suis le seul au programme à n’avoir pas reçu de cachet. J’ai visité la salle Pleyel de fond en comble pour le plaisir et pour l’amitié.

Monsieur Hebey est resté. Il me prend à part montrant un écœurement de plus en plus sensible. « Comment voulez-vous que je vous donne des projets . Au dernier moment, Charles n’y donne pas suite. Si vous saviez la comédie pour venir ce soir ! Vous pourrez dire dans votre journal qu’il n’a pas d’engagements et qu’il n’en veut plus. C’est un homme libre. »
Il n’y avait rien à répondre, d’autant que ma femme me disait alors : « Tu dois être le premier à comprendre, toi qui estimes ne pas avoir à dire, quand tu sors, à quelle heure tu rentreras. »
Pour une fois, j’étais désarmé. Rien à dire. Plus de disques, car plus de contrat chez Barclay et un imbroglio chez Pathé-Marconi. Plus de galas d’ailleurs, sauf quelques-uns, de prestige, avec « La mer », « Je chante », « Y’a d’la joie « , comme ce soir, un suspense entretenu jusqu’à la dernière minute, viendra, viendra pas, un trac devant un public d’amis conquis, une retenue devant le triomphe. Je crois que Charles fait payer cher à la Société le mal qu’elle lui a fait.

Je sais que je suis insupportable. Je rue dans les brancards, je mets les pieds dans le plat. En ma qualité d’admirateur indécrottable et de porte-voix de tous les autres admirateurs indécrottables. Voilà pourquoi je l’ai bien méritée, ma dédicace sur les mérites de l’amitié.

Mercredi 6 décembre, 2 heures du matin.
Parmi les participants au cocktail, nous formions le dernier carré. J’avais eu tout à l’heure l’occasion de présenter nos amis à Fernand Raynaud. « Nous avons ce soir un industriel, un ingénieur, un représentant, un policier, un météorologiste : c’est assez dire que, dans ce Club, nous faisons la pluie et le beau temps. »
Après nous, il ne resterait que les irréductibles, attablés dans un coin du bar : Georges Auric et Tino Rossi.
Une bien belle soirée !



On peut se demander pourquoi ce Ruban d’Honneur avait été décerné à Mireille Mathieu qui en 1967 n’en était qu’à ses débuts et n’avait que deux ans de carrière, en même temps qu’à Charles Trenet qui, lui, en avait trente. S’il y avait quelqu’un en France qui méritait un prix, c’était tout de même bien Charles Trenet ! Disons qu’il l’a obtenu avec un petit retard de… 28 ans.



Georges Auric (1899-1983) : musicien classique, compositeur de musique de films, comportant parfois des chansons devenues des succès (Valse du Moulin Rouge). Fut président de la SACEM à partir de 1954.
Roger Lanzac (1920-1996) fut chanteur et comédien avant de devenir animateur de télévision et de radio.
Jean-Marie Proslier (1928-1997) – acteur
Robert Rocca (1912-1994) fut depuis 1932 l’un des chansonniers les plus représentatifs de l’esprit montmartrois contemporain. Obtint le Grand Prix du Disque en 1954.



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