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LE COQ CATALAN 1/2
le 20 Oct 2002 - 09:58
Sur l'homme... par Bernard Revel

Le journaliste et écrivain Bernard Revel nous fait l'honneur de s'inscrire comme membre de ce portail. Il rejoint ainsi notre petite communauté des amis de Charles Trenet. Par la même occasion, il nous fait cadeau de deux extraits de son dernier ouvrage "LA FOLLE JEUNESSE DE CHARLES TRENET".

Voici la première partie de ce texte qui raconte la rencontre entre le jeune Trenet et son mentor Albert Bausil, le poète régionaliste de Perpignan...





C'est (...) en 1926, que Charles fait une rencontre qui va changer toute sa vie. Perpignan, dans ces années là, a sa vedette, un touche-à-tout de grand talent, poète, homme de théâtre et journaliste. Il s'appelle Albert Bausil. Né à Castres, âgé de 45 ans, frère du peintre Louis Bausil, il a créé Le Coq catalan, un hebdomadaire local littéraire, satirique et sportif qui comptera, entre autres signatures, celles de Joseph Delteil, Jean Cocteau, Max Jacob, Antoine de Saint Exupéry, Gaston Bonheur, Robert Brasillach et... Charles Trenet.

Etonnant Albert Bausil. Un beau jour j'ai vu la Poésie, écrit Joseph Delteil, la Poésie en chair et en os, la Poésie faite homme; oui, tout en Bausil était poésie : sa démarche gazelleuse, son chapeau oiselin, le pli de son pantalon et le zigzag de son oeil, son je ne sais quoi, son rien, son lui, sa demeure, sa soeur que j'adorais. L'avez-vous vu grimper à Font-Romeu, ou rire, ou vous sauter au cou ? Ah ! le délicieux spécimen d'humanité ; ah! le poète ! Dire qu'il y a des types qui ont vu Jésus, Barberousse, Citroën, moi j'ai vu, de mes yeux vu, vous dis-je, la Poésie.

Un tel homme ne pouvait que fasciner Charles. Bausil connaissait bien Lucien Trenet. Une rencontre a suffi - était-ce place Arago ou chez le photographe Bob, les avis divergent - pour que l'adolescent soit engagé dans la revue Allô, Père Pigne où, vêtu de peau de chèvre, il joua le rôle de Bacchus enfant. La rencontre version Bausil, narrée par lui-même sur les ondes de Radio-Montpellier, s'est déroulée ainsi : Un jour en plein soleil, car il faut que le soleil soit à l'origine de cette histoire, un petit garçon, tout gai, tout blond, aux mollets nus, aux joues de pommes, qui attendait l'entrée du collège avec ses livres sous le bras, s'avance résolument, insolemment même, vers moi, sous les mimosas de la place Arago :
-Monsieur, vous ne me connaissez pas. Je suis le fils de votre ami Lucien Trenet, notaire. Je suis poète et artiste-peintre. Je suis en troisième latin-langues. Et je veux jouer dans votre revue !


Voici la version Trenet : Un jeudi matin, une foule joyeuse envahit le studio de Bob. Un mariage ? Que non, c'est la troupe de la revue. Quelle revue ? La revue locale « écrite, réalisée, jouée et chantée par un boute-en-train du nom d'Albert. Bob est débordé. Albert, d'un geste, fait taire la compagnie. « Mes enfants, nous n'avons qu'une demi-heure pour la séance de pose. Ensuite, répétition au Municipal ». Par bonheur le théâtre est à deux pas, juste la rue de l'Argenterie à traverser. Je file le train à la troupe et me faufile dans le groupe... Albert, me découvrant :
-Qu'est-ce qu'il fabrique celui-là ? Il n'est pas de la troupe.
-Non, c'est le petit Trenet.
-Le fils de Lucien ?
-Eh oui. Tu vois, le temps passe. Il chante bien, tu sais.
Albert se radoucit, s'approche, cligne ses petits yeux, me toise avec une condescendance amusée :
-Ca te plairait de jouer dans la revue ?
Dès lors,
dira Charles, ma vie perpignanaise évolue grâce à la fréquentation d'Albert.

Au contact de Bausil, il se révèle acteur, poète, intellectuel. Il écrit des poèmes que publie Le Coq catalan. Pour que sa famille n'en sache rien, il les signe Charles ou Jacques Blondeau. Dès qu'il sort du collège, chaque jour, il se précipite rue des Cardeurs, à l'angle de la rue des Trois-Journées où se trouvent les locaux du Coq catalan.
Albert avait un petit bureau à l'entresol et l'imprimerie était située au premier étage. Charles apportait des articles, des poèmes et, surtout, écoutait Albert qui se débattait toujours dans d'invraisemblables polémiques avec les notables de la ville, et faisait profiter le garçon de son humour dévastateur.
Albert lui ouvrira bientôt son immense bibliothèque, dans son appartement de la rue de la Poste, devenue plus tard rue Jeanne d'Arc, et lui communiquera son appétit de lecture en lui faisant aimer Mauriac, Maurois, Giraudoux, Morand.

A partir de 1926, la bande à Bausil devient la nouvelle famille de Charles (...) Son ami Henri Caffe de Broquery est un pilier de la bande. Il y a aussi Cyprien Lloensi, François Rocaries, Sauveur Graule, Max Bernard et bien d'autres. Ils seront ses nouveaux frères qui feront s'épanouir sa fantaisie et l'initieront à une sorte de vie de bohème à la mode catalane.

Ces garnements s'amusaient à tirer les sonnettes, à créer des feux follets avec des lampes pour effrayer les promeneurs du soir. Un jour, ils s'introduisirent chez le docteur Gadel, sortirent tous les meubles du rez-de-chaussée et les abandonnèrent sur la place Saint-Jean.

Mais le grand initiateur, en poésie, en peinture, en impertinence, en folie, reste le vieil Albert. Ce dernier découvre en Charles le même humour dévastateur qu'il a toujours cultivé. Le mélange va s'avérer détonnant et scandalisera plus d'une fois la bonne société catalane. Un jour, la bande à Bausil inaugure en grande pompe et en présence d'officiels qui prenaient la chose au sérieux un monument dédié à Nicomède Acétyl, l'inventeur du vinaigre. Un autre jour, c'est au tout aussi fictif Jean-Baptiste Poch, duc d'Andorre et premier importateur de l'aubergine en Roussillon, que la bande dresse un monument qu'inaugurera le chef de cabinet d'un ministre, tandis qu'Albert prononcera un discours délirant à la gloire de l'aubergine turgescente. Une autre fois, déguisés en trabucaïres, ces joyeux compères enlevèrent un vrai ministre, Gaston Gérard, chargé des Beaux-Arts, qui, heureusement, avait le sens de la plaisanterie.

Réfugié dans le petit monde du Coq à talents, Charles s'affirme, de spectacles en canulars, de poèmes en calembours, de la revue Père Pigne à la revue Têt en bas. Une nouvelle personnalité se forme qui, déjà, esquisse le Trenet de demain. Il peint aussi et expose (...) En mars 1928, Cyprien Lloansi écrira dans Le Coq à propos de toiles sur Collioure exposées dans la vitrine de Letrain, sous la Barre : Chaque tableau de Charles Trenet ressemble à un manifeste. Il y a là une explosion d'indépendance, une affirmation de tempérament révolutionnaire. Un gamin de quinze ans ose peindre et avoir des idées personnelles, à l'âge où l'on s'en tient ordinairement aux pâles copies et aux admirations toutes faites.

Mais l'adolescent voit bientôt plus loin que Bausil, roi de Perpignan et prince des poètes qui, un soir, fait merveille dans le rôle de L'Aiglon.
Tu cumules Albert, le jour en Chanteclerc, le soir en duc de Reichstag, écrira Charles dans Mes jeunes années. Le rideau tombe. Un triomphe. Le lendemain "L'Indépendant" titre : "Albert Bausil, la Sarah Bernhardt roussillonnaise". C'est la gloire, la totale réussite. Et c'est aussi ton point faible, Albert, cette gloriole de préfecture. Depuis longtemps, un aigle de plus d'envergure te maintient dans ses serres. Tu feins de ne pas le voir, de te moquer de lui, même de ne pas y croire. Pourtant tu sais qu'il existe et qu'il ne te lâchera plus, ce rapace appelé province.

Les choses se gâtent pour Charles. Les études l'ennuient. Ses résultats scolaires deviennent catastrophiques. (...) Et ce qui devait arriver arriva : pour avoir insulté un surveillant, M. Cocula, qui avait été injuste avec lui, il est renvoyé du collège en 1928.
Charles avait reçu à la figure, pendant la récréation, un obus de pain à la boue. Voici la version qu'il donne de l'incident :
Le visage dégoulinant et maculé, je bondis vers le maître Cocula.
-Regardez, monsieur, ce qu'on m'a fait.
-Si vous jouiez avec tous les autres ça n'arriverait pas.
-Ca n'arriverait pas si vous surveilliez mieux votre cour.
-Alors on me donne des leçons, petit crétin ?
-Crétin vous-même, gros plein de soupe !

Le père de Charles est indigné. Non par son fils mais par la décision des professeurs. Quelle mentalité ! Renvoyer un enfant parce qu'il ne participe pas à des jeux sauvages. (...)

Lire la 2ème partie...






Ce texte est extrait du livre de Bernard Revel :
LA FOLLE JEUNESSE DE CHARLES TRENET
paru aux éditions Mare Nostrum,
12 bis, rue Jeanne-d'Arc
à 66000-Perpignan.




 
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Re: LE COQ CATALAN 1/2
par bru914 (Envoyez un message) le 21 Oct 2002 - 02:10
La suite ! Vite la suite ! C'est formidable... je sais déjà quel livre je vais demander au Père Noël !

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